Tout savoir sur le Smart Cutting… entretien avec Amaury Behague, Tech Lead TEKYN

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Cette nouvelle technologie, utilisée sur les lignes de découpe laser de TEKYN, ouvre le champ de tous les possibles...

Amaury en quelques mots

  • Amaury Behague, 29 ans, Tech Lead chez TEKYN
  • Ses passions : les arts martiaux, la programmation, le DevOps, la cryptologie
  • Ses traits de personnalité : perfectionniste et visionnaire
  • Sa citation : « La différence entre le maître et l’élève c’est que le maître a raté plus de fois que l’élève n’a essayé »

Fan de technologies et de programmation depuis l’âge de 15 ans, Amaury est passionné des méthodes et de la philosophie DevOps. Il conçoit, avec son équipe, les solutions connectées les plus innovantes en matière de découpe laser. Aujourd’hui, il partage avec nous le nouveau développement de l’équipe, le Smart Cutting et détaille tous les avantages qui en découlent.

Amaury, peux-tu nous expliquer en quoi consiste le Smart Cutting ? 

En clair, c’est une technologie qui permet une découpe de vêtements sur reconnaissance des contours sans intégration préalable de patrons. Un simple fichier d’impression ou des patrons papier posés sur la ligne permettent de déclencher une découpe. Concrètement, on s’appuie sur la vision apportée par une caméra matricielle. Cette dernière capture toute la ligne pour découper les contours des pièces. Enfin, il faut noter que les motifs sont imprimés sur la base d’un tissu écru avec de l’encre.

En quoi cette technologie est-elle, selon toi, révolutionnaire ?

C’est difficile à synthétiser tant les avantages sont nombreux et les développements prometteurs. Je vais tout de même essayer de vous donner un aperçu tant au niveau du produit que de la production en elle-même.

Au niveau du produit, qu’est-ce qui est nouveau ?

Les possibilités sont multiples. On peut faire de la personnalisation à outrance, et ce, de manière très automatisée et à moindre coût. Je m’explique : on peut personnaliser des maillots de foot (numéro, nom…), imprimer des motifs proportionnels à la taille du vêtement, lancer très simplement des productions unitaires. Et comme les machines sont intelligentes et les outils interconnectés, il est facile  de récupérer le code produit, la commande, le bac associés. Cela rend possible la production en masse et en mode quasi automatique de vêtements personnalisés.

La créativité est ainsi démultipliée. D’autant que les raccords sont simplifiés. L’impression étant gérée en amont, elle est indépendante du droit fil et du droit motif. Ceci nécessite d’ailleurs moins de main d'œuvre.

Ça permet aussi d’économiser le tissu, non?

Oui, tout à fait, et ce d’autant plus qu’on n’est plus obligés de spécialiser le tissu. Il peut servir à des productions totalement distinctes. On peut, par exemple, imprimer simultanément deux produits de formes et couleurs totalement différentes. Adieu les surstocks!

Tu as commencé à aborder les avantages en production, pourrais-tu nous en dire plus ?

J’ai déjà abordé le point relatif à la simplification de la gestion des raccords. Le fait que la découpe soit placée simplement induit qu’il n’y a pas de manipulation de l’opérateur. Par ailleurs, si le tissu bouge, ce n’est pas un problème puisqu’on suit l’imprimé.

Y a-t-il d’autres avantages que nous n’aurions pas encore abordés ?

Il y en a certainement d’autres et d’autres usages également. Comme je l’ai dit, on a l’impression que les possibilités sont démultipliées. Je rajouterais juste un usage qui me semble majeur pour l’avenir : les possibilités de pratiquer l’up-cycling en posant les chutes ou vêtements jetés sur la ligne pour produire… un nouveau produit. Ainsi la boucle est bouclée.

Et sinon, c’est comment une journée type ?

50 à 60% de mon temps est consacré au code : relecture, écriture ou au “peer-coding*”. Le reste du temps est consacré au design (de l’architecture, des features, pas des vêtements 😊) et au management d’équipe.

Et tes ambitions sur les prochaines semaines, quelles sont-elles ?

Tout d’abord, servir au mieux nos clients actuels en simplifiant encore plus les process. Je pense, par exemple, à Atelier Agile chez qui nous avons installé une ligne de découpe mi mai. Et d’une manière plus macro, amener les acteurs de l’écosystème à “changer de logiciel”, si je peux utiliser cette expression, pour se projeter plus vers l’avenir, vers des solutions ouvertes et itératives. Je pense que c’est la clé du succès.

* : Le “peer-coding” consiste à programmer en binôme. C’est une méthode agile de développement logiciel où deux développeurs travaillent ensemble sur le même code.